Un dîner avec les victimes d'enlèvements extra-terrestres

Se réunir autour d'un bon bœuf bourguignon pour évoquer les enlèvements par des aliens dont ils ont été victimes, c'est ce que font tous les mois les ufologues parisiens. Pour Nathan Marronneaud, ils se sont mis à table.
26/11/2016

On m’avait d’abord indiqué que les ufologues -ceux qui étudient les OVNI- se réunissaient tous les mois au Flunch, mais sachez qu’il n’en est rien.

Après avoir réussi à m’inscrire, la responsable des repas ufologique parisien, Chantal, m’indique que je suis bien dans la liste, elle m’envoie l’adresse de la réunion (loin du Flunch donc) et le programme resté jusque là secret.

 

Au menu ce soir là : Bœuf bourguignon d’office, je me suis inscrit trop tard pour choisir la pizza végétarienne, et rencontre avec le CERO (l’organisme de soutient aux victimes d’abductions, nous y reviendrons). J’arrive donc à l’heure dans un petit bar du fond du 18e arrondissement et me voilà plongé au milieu d’une tablée de quarante personnes dont les âges évoluent entre 30 et 60 ans. Tous sont remontés à blocs, les yeux dans les étoiles et le cerveau bien barré dans l’espace.

 

La plupart des gens ici ont un domaine de spécialité défini, certains sont spécialistes en télépathie, d’autres en êtres extraterrestres éthérés, d’autres en politique interstellaire. Par hasard, me voilà assis à coté d’un véritable enquêteur X-files du GEIPAN (groupe d'études et d'informations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés français NDR) « dépêché par la gendarmerie pour mener l’investigation quand des témoignages viables et concordants s’accordent autour d’un phénomène d’ovni inexplicable » me dit-il.

 

Au bout d’une bonne heure de discussions enflammées sur pleins de sujets, en vrac : le fait que la NASA, le FBI, Obama et Trump nous cachent l’existence d’extraterrestres présents sur terre, qu’un scientifique américain ait réussi à se téléporter, la zone 51, les instituts de sondages manipulés par des forces obscures, l’énergie gratuite et illimitée.

Groggy par ces multiples révélations, je commence à écouter les arguments d’un type d’une cinquantaine d’années qui affirme que la terre est plate «comme une galette ». Il m’assure que « les satellites, les images et Galilée c’est des conneries pour nous entuber ». Si ses arguments me semblaient plutôt solides à ce moment là, je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi on s'acharnerait à nous bidonner là-dessus depuis des siècles. Parce qu'il doit bien y avoir bien une raison.

 

 

 

Après une brève revue de presse des dernières infos ufologiques, le bœuf bourguignon (un peu dégueu) et la tarte aux fraises glacées (trop bonne), on passe au cœur du sujet : les enlèvements d’humains par des extraterrestres humanoïdes, où abductions.

 

Isabelle - psychologue et hypno-thérapeute- et Bérengère – victime d’abductions régulières depuis son enfance - sont les représentantes du CERO France, une association créée pour répondre aux interrogations des personnes qui ont vécu une expérience d'enlèvement par des entités humanoïdes.

 

Isabelle (la psy) explique :

« On les appelle les expérienceurs ou abductés, et les rencontres sont classifiées en 7 sortes, de la simple vision d’un ovni à la relation sexuelle avec un extraterrestre à l’intérieur ou à l’extérieur du vaisseau spatial ».

 

Bérengère, commerçante d’une cinquantaine d’années, est-elle même abductée très régulièrement depuis ses 8 ans, elle raconte une de ses expériences pour la première fois ce soir :

 

« C’était en mai 97, je me suis réveillée en pleine nuit et j’avais sur ma droite deux petits gris, là c’est d’abord la surprise ! Mais, je n’avais pas peur, j’étais entièrement paralysée. Puis, je me suis soulevée à l’horizontale et j’ai avancée vers la fenêtre en lévitation. Quand mes pieds l’ont touché je me suis réveillée sur une table froide. Autour de moi toujours les deux petits êtres gris avec une grande tête et un autre d’au moins 1m80, il était trouble et avait à la main un appareil effilé en métal qu’il a tout de suite inséré dans mon vagin. Quand je me suis réveillée, j’ai été chez mon gynéco qui m’a affirmé que mon stérilet avait bougé… le reste je peux pas en parler ici ».

 

C’est le scénario typique : paralysie, lévitation et trifouillage des organes génitaux.

 

Le témoignage de Myriam, une autre victime, concorde bien. Elle voit une lumière et le velux de sa maison ouvert. En s’approchant, elle observe « deux petits êtres qui flottent et un cordon qui pendouille ». Le cordon s’approche tout seul et la pénètre direct, « quand j’ouvre les yeux, il y a un énorme objet au dessus de l’immeuble alors que je suis allongée sur une table et recouverte d’un tissus gélatineux. Trois ou quatre petits êtres sont autour de moi et me parlent en télépathie. Quand je leurs demande ce qu’ils veulent, ils me répondent qu’ils sont là pour les prélèvements d’ovules».

 

Pour Isabelle, la psychologue du CERO, l’effet de l’hypnose et du groupe sur les victimes est bénéfique pour parler de leurs expériences, souvent douloureuses physiquement - on n’ose pas demander la taille d’un pénis extraterrestre en érection - et psychiquement, c’est quand même des viols quoi.

 

 

 

Mais Bérengère note aussi un effet salvateur de la rencontre, certaines des victimes ont même vu leurs cancers disparaître entièrement après une abduction !

Isabelle utilise l’hypnose régressive pour faire resurgir les souvenirs enfouis de l’expérience, elle filme les séances (faudrait pas que les Men in Black mettent la main sur ces cassettes) et nous raconte que les victimes retrouvent sous hypnose les sons caractéristiques des ovni ou les textures des matériaux utilisés par les Aliens sur leurs corps (une substance huileuse noire reviendrait par exemple très souvent dans les témoignages).

 

Mais pourquoi les Aliens sont-ils aussi chauds ? En fait, ça dépend des analyses, car pour beaucoup de gens présents ce soir ce n’est pas simplement pour s'envoyer des cinquantenaires à l’œil.

 

En fait, la théorie la plus acceptée est qu’ils essayent de modifier notre ADN pour former une race hybride (dans quel but, ça j’en sais rien). Mais pour Chantal (la directrice des repas) c’est beaucoup plus tordu que ça : « je suis convaincue que ces enlèvements sont un écran de fumée pour nous faire croire qu’ils sont encore en phase d’expérimentation alors qu’en fait ils sont déjà parmi nous… » Ça se tient aussi.

 

Une des convives m’explique que le phénomène ne touche pas que les femmes. D'ailleurs, une étude américaine comptabiliserait parmi les victimes une majorité d’hommes homosexuels. Et sont aussi présents ce soir des hommes hétéros victimes d’abductions sévères avec prélèvements de sperme ET pénétration. Ce qui tend bien à prouver que si les extraterrestres arrivent à choper un humain ils ne le lâchent pas avant d’avoir terminé leur petites affaires. Ils joignent très souvent l’utile à l’agréable.

 

On est là depuis 18h et il est presque 21h, je me surprends à dévisager les gens pour deviner lesquels sont des espions d’une autre planète - il y a un type chelou et très grand au fond de la salle- mais le début de la séance de questions/réponses me tire de ma parano.

 

 

 

 

Twenty : Comment savoir si l’on a été abducté ?

 

Bérengère : Il faut venir nous voir, beaucoup de gens ne le savent pas où sont dans le déni de l’ovni. L’essentiel, c’est de s’interroger. Il y a souvent des marques de formes triangulaires autour du sexe ou des irritations. Mais, parfois, on s’emmêle les pinceaux, donc si vous avez un doute il faut contacter le CERO.

 

Twenty : Capturent-ils une partie de notre esprit à ce moment là ?

 

Bérengère Moi j’ai encore toute ma tête.

 

(Hmmm....NDR)

 

Twenty : Avez-vous des pertes de mémoire depuis ?

 

Bérengère Si il y a perte de mémoire, forcément, on ne le sait pas. Mais, avec le recul, j’ai eu des trous noirs. A 20 ans, j’ai été abducté avec un extraterrestre qui me faisait l’amour dans mon lit et je m’en suis souvenue grâce à l’hypnose.

 

Twenty : Pensez-vous que vous allez à nouveau être victime d’abduction?

 

Bérengère Bien sûr ! Ca continue à se produire, ça se produit même sur mes enfants et ma sœur. Moi j’étais l’une des leurs avant, j’ai pris la décision de devenir humaine parce qu’ils veulent modifier notre ADN. Donc j’ai accepté mais je peux vous dire que quand je sais que mes enfants sont abductés, j’ai vraiment la rage (sa voix tremble, elle est émue) mais comme moi ils l’ont surement accepté aussi…

 

Twenty : Les abductés sont-ils toujours confrontés au phénomène dès l’enfance ?

Isabelle (la psy) : On constate chez les victimes adultes qui viennent nous voir qu’ils ont eu dès l’enfance de nombreux cauchemars qui tendraient à prouver qu’ils ont été enlevé. Ou par exemple des séries familiales. J’ai eu une famille de trois sœurs dont une était atteinte de maladie dégénérative en lien avec ses abductions. Ce sont des cas que j’ai eu.

 

Twenty : Quelles sont les séquelles ?

Bérengère : La peur du noir, la peur d’être enfermé, des angoisses. Moi, je ne suis pas tombée enceinte, enfin on peut pas le savoir mais il y a bien eu des prélèvements d’ovules.

 

Chantal : Moi, j’ai eu des dessins sur le dos et les bras, chaque fois les dessins ont mis deux semaines à partir…

 

Isabelle (la psy) : Oui, on constate aussi des griffures ou des petits creux à certains endroits du corps, sans parler des implants injectés sous la peau.

 

Twenty :  Combien d’abductés avez-vous rencontré ?

 

Isabelle (la psy) : Une bonne vingtaine, je me souviens du témoignage d’un jeune homme qui était tombé dans une piscine vide puis dans un grand tuyau et s’était retrouvé dans un vaisseau. Sur le moment, j’ai donné à ce garçon une explication psy, maintenant je sais que c’est typique des abductions.

 

****(Ou des séries Netflix)****

 

Bérengère : Moi je connais des gens dont je sais qu’ils sont abductés mais eux ne le savent pas.

 

Twenty : Et les implants ?

 

Une autre victime En fait le problème avec les implants c’est qu’il nous faut un protocole scientifique parce qu’ils se désintègrent au contact de l’air…

 

Twenty : Et les Aliens ?

 

Isabelle Pour ma part j’ai vu que les petits gris. En fait, la théorie nous explique que les Aliens seraient nous dans le futur, avec une autre dimension spatio-temporelle. Pour moi ils sont peut-être là avec nous mais dans une dimension parallèle.

 

Twenty : Est-ce qu’il y a des cas de violences physique ?

 

Bérengère : Oui, en fait, même si les victimes sont paralysées on retrouve des cas de jeunes hommes qui ont réussi à repousser les Aliens. Il y en a un qui m’a dit « j’ai senti la texture de l’être, il était tout mou, et l’Alien était très étonné que le garçon ait réussi à le repousser, il a poussé un petit cri et s’est barré ».

 

Isabelle : Il y a aussi ce cas d’une membre du CERO qui a eu beaucoup de mal à tomber enceinte et quand elle a eu son premier enfant son médecin lui a dit « c’est normal vu l’état de votre utérus et le nombre de grossesses que vous avez eu » alors que c’était son premier enfant !

 

On quitte le bar vers 22 heures. J’en sors mal à l’aise et un peu paranoïaque. Les « victimes » seraient des centaines de milliers à travers le monde, et plusieurs milliers en France. La psy du CERO m’explique à la porte qu’elle navigue entre deux eaux pour se financer et assumer les nouvelles demandes tout en évitant que son « asso », (ou son filon), soit considérée comme une secte.

 

Donc en attendant l’émergence de la race hybride, soyez vigilants, pensez bien à vous ausculter zizis et cramouilles régulièrement. Si petit triangle il y a, courez vous faire hypnotiser pour en avoir le cœur net, car vous pourriez bien être porteur d’un bébé Alien !

 

Par Nathan Marroneaud, 24 ans, auteur pour le télévision. 

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